L’Étrange créature du Lac Noir, 1954

Étrange et paranormal ont toujours été une grande source d’inspiration pour les cinéastes de tous temps, et ce pour exploiter la peur de leur spectateurs, qui, dans une pulsion masochiste, décident de s’infliger la peur de leur vie. La peur. C’est une émotion humaine, mais assez ignoble je dois dire… Mais revenons-en aux faits : L’étrange créature du lac noir, le film qui a terrorisé le public à sa sortie en salle, est aujourd’hui un film –involontairement- drôle…

En effet, les effets spéciaux ont largement évolués par rapport à ceux de l’époque, aujourd’hui tout est numérisé alors que le monstre du lac noir est un homme en costume… Pour ce qui est de la patte de la créature, il s’agit d’un montage en pâte à modeler. Ces scènes sont d’ailleurs accompagnées d’une musique de fosse sensée faire peur au spectateur mais le décalage et l’évolution du public ne permet pas le même effet que cette accompagnement musical avait pu avoir sur les gens dans les années 50 lorsque la culture du film d’horreur était moins développée. Aujourd’hui, avec les technologies qui permettent une ouverture du genre à tous, aux jeunes notamment.

Jack Arnold, réalisateur aussi de L’homme qui rétrécit qui demeure plus connu que L’étrange créature du lac noir dans la série des Universal Monsters, montre dans ce film, réalisé en 1954, que le thème de la recherche scientifique est utilisé depuis longtemps dans le cinéma d’horreur et d’épouvante : The Curse of Frankenstein, The Thing from Another World, Them ! … Ils utilisaient la peur qu’engendraient le nucléaire et le conflit de la guerre froide pour faire passer un message à travers leurs films, d’un côté ou de l’autre, le cinéma devenu arme de propagande.

On peut remarquer aussi un écart entre la mentalité des années 50 et celle d’aujourd’hui en ce qui concerne la place de la femme dans la société en Europe. Dans le film, la femme est l’objet d’un combat entre la créature et son fiancé. Elle n’est pas réellement active, elle ne fait que subir sa naïveté –un peu cliché- et les actions des autres, attendant d’être sauvée. Bien sûr, il s’agit d’un film datant de 1954, tâchons de prendre en compte ce détail.

En revanche, il y a un point d’ombre dans le scénario qui peut être intéressant du point de vue que le spectateur imagine ce qu’il veut dans la relation entre Kay et Mark. Tout le long du film ils semblent de simples amis, mais les regards et les dialogues entre Kay et Mark feraient penser peut-être à une relation passée.

Représenté à l’occasion du Festival Lumière 2016 dans la série des Universal Monsters, L’étrange créature du lac noir traite de l’expérience scientifique et des problèmes que cela engendre sur l’environnement. Le monstre, la créature est la symbolique de la Terre qui se défend, qui se bat contre son agresseur, expérimentant sans permission sur elle. Ce film est la réaction de l’Homme face à la menace du nucléaire et en pleine Guerre Froide : le réalisateur tente plus ou moins de faire de la prévention face aux conséquences possibles de l’usage du nucléaire sur notre vie et notre milieu.

ML

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