Dostoïevski

Le génie est bien souvent un être tourmenté. Dostoïevski l’était (non seulement un génie mais aussi tourmenté…). Annoncé comme « le nouveau Gogol » dès ses débuts, il s’inspirait comme tout auteur, de son histoire, de sa vie. C’est pourquoi on retrouvera dans Les Souvenirs de la Maison des Morts, la marque profonde qu’a laissé en lui la déportation à Omsk, en Sibérie.

Je pense qu’il est impossible d’atteindre l’objectivité en écriture, car de fait notre pensée est liée à notre point de vue sur les autres et ce qui nous entoure mais aussi à ce que nous sommes (notre histoire, nos sentiments). Ainsi tout œuvre, pour moi, est d’une certaine manière personnelle. On le remarque à travers le roman Le Joueur, qui suit un joueur invétéré et rappelle l’addiction de Dostoïevski pour les jeux d’argent. Homme très tourmenté, notamment dans sa relation avec son père, il vivra toute sa vie dans une relation très conflictuelle avec lui-même. Son dernier roman, Les Frères Karamazov, fait allusion à la façon dont il s’entendait avec son père et ses troubles intérieurs.

A- Naissance :
– Né le 30 octobre 1821 à Moscou
– Père médecin
– Vit dans l’aisance
> logement de fonction à l’Hôpital Marie
> clientèle privée que son père s’est constituée
– Père brutal, alcoolique
– Sept ans : 1ères crises d’épilepsie
– 1837 : mort de sa mère, atteinte de phtisie

B- Études :
– 1838 : son père l’envoie à l’École des Ingénieurs militaires de Saint Petersburg alors qu’il se noie dans l’alcool
– Entre les cours de mathématiques et d’artillerie, il lit les grands noms de la littérature
– Il se met à écrire durant cette période
– Rencontre des problèmes d’argent
– 1839 : assassinat de son père.

C- Vie d’auteur :
– 1844 : quitte la direction du Génie pour écrire son premier roman.
– 1846 : Publication du roman Les Pauvres gens. Il rencontre un vif succès.
– 1847 : Fréquentation des socialistes utopistes.
– 1849 : Emprisonné avec les autres membres du cercle Petrachevski, sa condamnation à mort est commuée en déportation à Omsk, en Sibérie.
– 1854 : quitte le bagne. Il est envoyé en tant que soldat dans un régiment sibérien.
– Un an plus tard : Passe officier. Se remet à écrire.
– Il épouse la veuve Maria Dmitrievna Issaïevna.
– 1860 : Il s’installe à St Petersburg après avoir pris sa retraite d’officier.
– Publie ce qu’il écrit dans la revue Le Temps, qu’il dirige avec son frère, Mikhaïl.
> 1861 : parution d’Humiliés et offensés
> 1861-1862 : parution du roman Les Souvenirs de la Maison des Morts
– 1864 : Mort de son frère et de sa femme. Il se lance dans le jeu pour tenter de rembourser ses dettes.

D- Fin de carrière et fin de vie :
– 1866 : Publication du roman Le Joueur et de Crime et Châtiment
– Sa maîtresse, Apollinaria Souslova, refuse sa demande en mariage.
– 1867 : épouse Anna Grigorievna Snitkine, sa secrétaire.
– 1868-1869 : publication de l’Idiot
– 1871-1872 : publication du roman Les Possédés
– 1875 : parution de L’Adolescent
– 1879 : parution des Frères Karamazov, dernier roman de Dostoïevski
– 1880 : parution du Discours sur Pouchkine. Il devient alors un héros national pour le peuple russe.
– 27 janvier 1881 : mort à St Petersburg.

E- Références :
Les Pauvres Gens, F. Dostoïevski,1844
Les Frères Karamazov, F. Dostoïevski, 1879
Crime et Châtiment, F. Dostoïevski, 1866

J’aimerais terminer sur cette citation extraite des Frères Karamazov que j’aime beaucoup parce que c’est paradoxal, et le monde étant fait de paradoxes, je pense que les rapports humains ne peuvent échapper à la règle:

« Je deviens l’ennemi des hommes dès que je suis en contact avec eux. En revanche, invariablement, plus je déteste les gens en particulier, plus je brûle d’amour pour l’humanité en général. »

ML

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