Cinéma

Dilili à Paris, 2018

LES HUMAINS NE SONT PAS DES CHAISES

Quatre pattes. C’est un animal. Deux pattes. C’est aussi un animal ; seulement il prétend être meilleur, parce qu’il voit le monde de plus haut, parce qu’il fait de plus belles cabanes. Quatre pattes, c’est la position de soumission, aux connotations sexuelles. Le noir, couleur du deuil. Elles n’existent pas.
Dilili à Paris, c’est un film sur la domination de la femme dans une société patriarcale, mais aussi une initiation pour les jeunes qui regardent à la notion de fraternité.

Tu es différent, mais c’est ce qui fait ta force. Alors pour percer le mystère de la confrérie des « Mâles-Maîtres », Dilili et son ami Aurèle rencontreront certains des plus grands génies de la Belle Époque, dont un Proust qui traîne encore dans les salons, la grande Emma Calvé, Carmen oubliée, ou encore des impressionnistes à la recherche de sensations fortes… Un burlesque utilisé avec finesse pour faire passer un message éducatif, en faisant comprendre l’importance de choses sérieuses (voire triste, horrible) par le rire. Ne serait-ce que pour le personnage de Dilili, qui est sûrement la plus cultivée de tous. Le spectateur s’identifie à elle. Même s’il est bizarre qu’une petite fille vivant chez une comtesse soit dans un zoo humain, c’est un moyen de faire comprendre au public l’importance de la tolérance dans notre société. Car, si nous avons bien quatre pattes, notre nature de bipède, d’être humain, ne fait pas de nous pour autant des chaises.

ML

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