Monday, August 22, 2016

L’Économie du Couple, 2016

economie-couple.jpg

Ils sont là, tranquillement assis sur le canapé du salon de cette maison qu’ils se battent pour récupérer, ce foyer qui fut autrefois le leur, uni et convivial et qui n’est plus que le terrain de leurs offensives acharnées l’un contre l’autre, aux dépends de leurs deux filles, Jade et Margaux, qui prennent parti intégrantes, malgré elles, de cette machine infernale qui ravage leurs cœurs. Ils sont donc là, Marie - mère devenue surprotectrice du fait de son manque de confiance en son mari, être qu’elle prend en horreur – lis sont livre, tendue par la présence anormale de Boris - mari de celle-ci, il semble encore l’aimer, contrairement à Marie, qui ne supporte plus de le voir -, qui envoie des sms sur son portable. Jusque là, rien de grave, juste une tension palpable dans l’air, devenue habituelle pour eux. Marie lui demande de cesser, elle ne veut pas qu’il écrive de sms devant elle, ça la dérange pour lire - probablement le son du téléphone, qui est très fort, sa demande est donc compréhensible… - ; que fait Boris? Il peut arrêter, à prêt tout ce sont des adultes : il recommence, un sourire malicieux au lèvres. Marie s’énerve. Ce qui était une conversation d’adulte devient puéril, une dispute absurde, causée par le mépris et la volonté de faire du mal à l’autre.

En effet, dans L’Économie du Couple, on constate une inversion des rôles : les parents deviennent enfants et les enfants parents, par leur volonté d’unification de la famille. Réalisé par Joachim Lafosse, réalisateur notamment des Chevaliers Blancs, ce nouveau film souligne l’impressionnante interprétation de Bérénice Béjo (Marie) et de Cédric Kahn (Boris) qui ont su rentrer pleinement dans leur personnage et nous emporter dans une atmosphère chargée d’émotions, sans que cela en fasse trop.

Dans le regard assassin de Marie, qu’elle ne lâche qu’à de rares moments, on voit toutes ces différences, ces détails auxquels ils ne prêtaient pas attention et qui aujourd’hui, marquent l’écart entre ces deux êtres tiraillés par leurs affects. Dans ce duel perpétuel, la principale opposition ressortant de leurs disputes concerne leurs origines. Ils déballent tous ce qu’ils ont sur le cœur, les injustices, les mots, les rancœurs. Lui n’avait rien, un jeune architecte modeste, tandis qu’elle, héritière d’une famille bourgeoise, est propriétaire de la maison qu’il a rénové pour eux. Quand est-il d’eux maintenant ? Autrefois unis, formants un unique bloc, ils sont à bout, à deux doigts de se frapper, les mots ne suffisants plus pour exprimer la haine. Tous deux cherchent à remonter seuls à la surface, par dignité et volonté d’indépendance, mais du fait de ce conflit permanent, Boris ne peut se payer un appartement décent, la négociation se prolonge, et les deux lions demeure en cage…

Le Mur. Un mur supposé infranchissable. Marie en a instauré un similaire –pas réel, virtuel du moins – qui coupe en deux tout ce qui symbolise la vie familiale : le frigo – cause de nombreux reproches de la par de la maîtresse de maison après vol de fromage ou de jambon -, les jours de la semaine, découpés avec précision en « jours » où Boris a le droit de rentrer à la maison avant le couché des filles, et bien d’autres choses encore…

Jade et Margaux. Margaux et Jade. Dernier lien qui unis le couple, ces deux jumelles dynamiques, complices demeurent toutefois dans l’incompréhension face à la violence –verbale uniquement, mais suffisante pour choquer des enfants – dont font preuve leurs parents l’un envers l’autre. Elles cherchent à envoyer un signal à ceux-ci pour qu’ils se tournent non pas vers le montant de leur part, mais vers l’état de leurs filles. L’une d’elle essaiera de se suicider, ce qui finira de détruire ce couple déjà bien amoché. Une scène montre la tentative de dialogue entre les adultes et les enfants ; c’est un plan calme, empli de gêne. Les jeunes filles y exposent leur peur face à ces disputes qui ne cessent pas, Marie et Boris tentant l’un après l’autre de les rassurer, se corrigeant, leur opinion sur la question de leur séparation étant de toute évidence différente.

Après, il y a ces moments où tout redevient comme avant, où on enterre la hache de guerre et les rires retrouvent leur juste place. En effet, dans ces courts moments de folie, de partage, où chacun connaît le vrai bonheur de vivre ensemble, le passé refait surface, par des gestes tendres, affectueux, des larmes parfois – celles de Marie notamment -, et l’avenir se dessine, tout doucement, projetant sa lumière éclatante sur une vie qu’on vivra maintenant sans l’autre – seul, peut-être pas, mais sans la personne qu’on a aimé.

Un film fort, porté par une actrice présente qui n’hésite pas utiliser le silence s’exprimer.

ML

  1. google

    Monday, May 22, 2017 - 13:21:16

    srxdctfrvyhgbhjnklm;,.’

  2. itechrock

    Monday, May 22, 2017 - 13:22:23

    get updated with android tips, tricks and latest news on itechrock

  3. Dissertation Bliss

    Saturday, June 10, 2017 - 13:50:12

    Le Mur. Un mur supposé infranchissable. Marie en a instauré un similaire –pas réel, virtuel du moins – qui coupe en deux tout ce qui symbolise la vie familiale : le frigo – cause de nombreux reproches de la par de la maîtresse de maison après vol de fromage ou de jambon -, les jours de la semaine, découpés avec précision en « jours » où Boris a le droit de rentrer à la maison avant le couché des filles, et bien d’autres choses encore…

  4. popular now on bing rewards

    Tuesday, June 13, 2017 - 09:06:14

    Bing has actually made it quite easy to take part in their rewards program, whether you get on a desktop computer or mobile phone.

Add comment

Fill out the form below to add your own comments